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Mieux mesurer la contamination microbiologique des matériaux d’emballage : Lancement d’un projet d’étude associant le LNE et l’ISHA ...

Les toxi-infections alimentaires affectent plus de 10.000 personnes chaque année en France. Afin d’assurer la sécurité des aliments, la législation française fixe des critères microbiologiques pour certains contaminants, spécifiques aux différentes catégories d’aliments (Règlement CE 2073-2005). Ainsi, la responsabilité des exploitants du secteur alimentaire est engagée, et ils doivent impérativement respecter le principe d’une non-contamination microbiologique tout au long de la chaîne alimentaire afin d’assurer, aux consommateurs, un niveau de protection élevé en matière de sécurité des aliments.

 

Le règlement CE n°852-2004 (applicable depuis le 1er Janvier 2006), instaure des dispositions, qui concernent les industriels agroalimentaires, dans le cas du conditionnement et de l’emballage des denrées alimentaires, à savoir que « les matériaux constitutifs du conditionnement et de l’emballage ne doivent pas être une source de contamination ». Aussi, les exploitants du secteur alimentaire veillent à ce que toutes les étapes de la production, de la transformation, et de la distribution des denrées alimentaires, sous leur responsabilité, soient conformes aux exigences réglementaires pertinentes en matière d’hygiène. En tant que fournisseurs des industries alimentaires, les industriels de l’emballage sont donc sollicités pour garantir la sécurité de leurs produits en tant que sources potentielles de contamination des aliments.

 

Les emballages peuvent être responsables de contaminations chimiques, physiques, mais aussi microbiologiques des denrées alimentaires. A ce jour, il n’existe aucun texte réglementaire fixant des critères microbiologiques pour les emballages, et la réglementation des matériaux pour contact alimentaire ne statue que sur les contaminations chimiques par migrations. Certains industriels du secteur agroalimentaire établissent des cahiers des charges fixant des limites de contamination de leurs productions via l’emballage, et imposent des critères microbiologiques à respecter par leurs fournisseurs.

 

Afin d’évaluer la contamination de leurs produits, les industriels de l’emballages ont à leur disposition les différentes techniques classiques de contrôle de l’hygiène. Les méthodes d’analyse microbiologique utilisées en contrôle de surface dans les industries alimentaires sont principalement : les boîtes contact, les écouvillons, les lames gélosées, et les pétrifilms.

 

Ces techniques sont-elles applicables aux emballages et quelles sont leurs performances pour estimer la contamination microbiologique des emballages ?

 

Dans le but de comparer les différentes techniques rapides de contrôle microbiologique des surfaces, une étude d’une durée de 6 mois, a été amorcée en 2009 par une collaboration entre le LNE et l’ISHA (Institut Scientifique d’Hygiène et d’Analyse). L’objectif du projet est de répondre aux besoins des fabricants d’emballages qui souhaitent pouvoir évaluer la contamination de leurs productions. Il s’agit également de déterminer si les outils mis à leur disposition sont applicables à leur domaine et spécifiques à un matériau donné, dans la perspective de prouver l’innocuité microbiologique à leurs clients, et de garantir la sécurité des consommateurs.

 

Dans un premier temps, les techniques de prélèvements microbiologiques des surfaces seront répertoriées, puis comparées, et enfin, les méthodes les plus pertinentes pour le contrôle des emballages seront sélectionnées. Plusieurs critères seront pris en compte, notamment la sensibilité de la méthode, le temps d’analyse, le taux de décrochage microbien, et le coût de l’analyse. La spécificité des matériaux sera prise en compte, sur la base des critères suivants : le type de surface, l’aspect lisse ou rugueux, ainsi que l’adhérence. Plusieurs types de microorganismes seront étudiés, et ceci à différentes concentrations. En complément, il est également prévu de réaliser des essais avec une technique de cytométrie à balayage laser permettant des évaluations plus précises et plus rapides que les techniques traditionnelles.

 

La finalité du projet est de sélectionner une technique fiable et spécifique pour chacun des matériaux étudiés, qui permettra d’évaluer, avec sensibilité, la contamination réelle des emballages. Dans les résultats de l’étude, deux types de méthodes seront à distinguer :

 

- les techniques classiques améliorées, pour leur facilité d’utilisation
- les techniques rapides mais coûteuses, à destination des laboratoires expérimentés.

 

La publication des résultats de l’étude est prévue pour la fin de l’année 2009.

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